Rituel mystique et viol collectif : 10 ans de prison pour le mari qui vendait l’honneur de son épouse !

14:06
FAITS DIVERS
Rituel mystique et viol collectif : 10 ans de prison pour le mari qui vendait l’honneur de son épouse !

iGFM – (Dakar) La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès a rendu son verdict dans une affaire d’une rare gravité qui secouait le village de Thiaye, dans le département de Tivaouane. Deux hommes y étaient poursuivis pour viol, complicité de viol et charlatanisme, dans un contexte mêlant pratiques mystiques et violences conjugales.

Selon, les informations de Seneweb, le dossier a été examiné le 24 mars 2026. Après délibéré, la chambre a acquitté M. Mbengue de charlatanisme, mais l’a déclaré coupable de viol et complicité de viol, le condamnant à 10 ans de réclusion criminelle. Concernant son coprévenu P. Ciss, la chambre a prononcé son acquittement au bénéfice du doute.

Une affaire aux origines troublantes

Les faits remontent à septembre 2022. Pour faire fortune, selon les indications de son marabout, M. Mbengue avait minutieusement choisi deux garçons de sa localité, notamment M. Sow et I. Niang, pour les contraindre, sa femme y comprise, à entretenir des rapports sexuels sous ses yeux, couteau à la main, dans sa chambre conjugale à une heure tardive de la nuit. M. Mbengue était chargé de récupérer le sperme des partenaires pour des rituels mystiques.

Quand le nommé P. Ciss a appris les faits, il se serait rendu au domicile du couple pour « prendre sa part du gâteau », sous peine de rendre publiques les pratiques obscènes commises avec M. Sow et I. Niang. Voulant garder le secret, M. Mbengue aurait alors contraint sa femme à entretenir des rapports sexuels avec P. Ciss.

En décembre 2022, la dame M. Niang a déposé une plainte à la Section de recherches de Thiès contre son époux ainsi que les nommés P. Ciss, M. Sow et I. Niang pour viol collectif. La plaignante déclarait que son mari l’avait contrainte à ces rapports sous la menace d’un couteau.

Lors des interrogatoires, M. Sow et I. Niang ont reconnu les rapports sexuels, affirmant avoir agi sous la menace du couteau de l’époux. P. Ciss, quant à lui, a nié les faits, prétendant s’être rendu au domicile du couple uniquement pour prodiguer des conseils.

Les quatre mis en cause ont d’abord été placés sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, viol, complicité de viol et charlatanisme. M. Sow et I. Niang ont par la suite été libérés et considérés comme des victimes. Le mari M. Mbengue et P. Ciss ont été maintenus en détention provisoire jusqu’au procès.

Les débats d’audience

À la barre, la plaignante a réitéré ses accusations. Elle a affirmé avoir été contrainte par son époux à entretenir des rapports sexuels avec les trois hommes dans leur lit conjugal. M. Mbengue a catégoriquement nié, qualifiant les accusations de « gratuites » et « inadmissibles ».

Entendus à titre de témoins, I. Niang et M. Sow ont maintenu leurs versions, expliquant que le mari avait verrouillé la porte pour les forcer à agir au nom de recommandations mystiques. M. Sow a précisé que la victime était sa propre tante.

Réquisitoires et plaidoiries

Le procureur de la République avait requis 15 ans de réclusion criminelle contre M. Mbengue, estimant qu’il avait transformé son épouse en « objet sexuel ». Il avait également requis 7 ans contre P. Ciss.

La défense de P. Ciss, assurée par Me Diaw, a plaidé l’acquittement en insistant sur l’absence de preuves matérielles et de certificat médical. Me Faty, pour M. Mbengue, a également sollicité l’acquittement, dénonçant un dossier insuffisamment étayé et l’absence d’éléments biologiques probants.