Le Tribunal de grande instance de Mbour a examiné, ce mardi, une affaire aux ramifications multiples impliquant un ancien ambulancier, A. Z. Diallo, et son complice présumé, M. Ba. Le principal accusé est poursuivi pour exercice illégal de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui, après avoir reconnu des pratiques d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) clandestines s’étalant sur plusieurs années. Le ministère public a requis deux ans d’emprisonnement ferme à l’encontre des deux prévenus. Le jugement a été mis en délibéré au 30 juin.
L’enquête a débuté le 11 juin, à la suite d’une opération menée par la brigade de recherches de Saly dans le cadre d’un dossier lié à un supposé réseau de trafic de crack entre Dakar et Mbour. La perquisition effectuée au domicile du principal mis en cause a conduit les enquêteurs à une double découverte. Les forces de l’ordre ont d’abord surpris les deux hommes en pleine consommation de drogue dure, avant de mettre au jour, dans une pièce adjacente, une femme en convalescence après une IVG récemment pratiquée.
Sur place, les gendarmes ont également saisi un ensemble de matériel médical comprenant notamment des blouses, des médicaments abortifs, un oxymètre ainsi que des cachets professionnels appartenant à un médecin identifié comme étant victime de vol.
L’enquête a par ailleurs permis de retracer le parcours de A. Z. Diallo, présenté comme un ancien ambulancier ayant travaillé entre 2018 et 2021 au sein de la clinique « Urgences 24 », avant d’être licencié pour des faits similaires d’exercice illégal de la médecine. En 2025, il aurait brièvement intégré la clinique « Asta Seck » en stage, qu’il aurait quitté après avoir été sommé de présenter ses diplômes. C’est à cette période qu’il aurait dérobé du matériel médical avant de s’installer à Saly, où il recevait des patientes en se présentant comme médecin sous le nom de « Dr Diallo ».
À la barre, les versions des deux prévenus ont divergé. M. Ba a nié toute implication dans des activités médicales illégales, affirmant que leur relation se limitait à la consommation et au trafic de crack. De son côté, A. Z. Diallo a d’abord contesté les faits avant de revenir sur ses déclarations, reconnaissant finalement avoir pratiqué des IVG clandestines pendant environ huit ans.
Le tribunal rendra sa décision le 30 juin prochain.




