France : la « priorité nationale » de Marine Le Pen dans le logement social suscite de vives réactions

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France : la « priorité nationale » de Marine Le Pen dans le logement social suscite de vives réactions

La proposition de Marine Le Pen d’accorder la priorité aux Français dans l’accès au logement social continue de susciter de vives réactions en France, au lendemain de la rentrée politique de la candidate du Rassemblement national (RN) à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais.

Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH), qui représente les organismes HLM, a souligné lundi que cette proposition « nourrit une lubie xénophobe » et se trouve « à côté de la plaque par rapport aux besoins actuels ».

Lors d’une conférence de presse, l’ancienne ministre du Logement sous François Hollande a également reproché à la candidate du RN d’utiliser la crise du logement pour « désigner un bouc émissaire, les immigrés ».

Marine Le Pen avait fait dimanche du logement l’un des axes de sa rentrée politique à Hénin-Beaumont, promettant d’en faire l’un des « grands chantiers » de son éventuel quinquennat.

La candidate du parti d’extrême droite a notamment défendu la « priorité nationale », qu’elle considère comme « un droit naturel et juste », et promet que les Français seraient prioritaires dans l’attribution des logements sociaux. Elle a également annoncé vouloir abroger la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), qui impose notamment à certaines communes un taux minimum de logements sociaux.

Les réactions à gauche

« La préférence nationale est anticonstitutionnelle, antirépublicaine et discriminatoire. Le logement est un droit, pas un privilège », a réagi dimanche la députée de La France insoumise (LFI) Danièle Obono sur LCI.

Son collègue Thomas Portes a, de son côté, contesté sur la plateforme sociale américaine

« Nous sommes loin, très loin de la théorie du grand remplacement », at-il ajouté, en citant une étude de 2017 selon laquelle 12 % des 4,6 millions de logements sociaux étaient occupés par des familles non françaises.

Le journaliste et cofondateur de Mediapart Edwy Plenel a également vivement exprimé la proposition, estimant sur X que Marine Le Pen « martèle son obsession » de la « préférence nationale ».

Selon lui, cette politique signifierait « la fin de l’égalité des droits qui fonde une république démocratique », qualifiant le projet du RN d’« apartheid à la française ».

La « priorité nationale » constitue de longue date l’un des marqueurs programmatiques du Rassemblement national. Dès 2021, Marine Le Pen promettait d’instaurer ce principe dans le logement social et de supprimer les aides au logement pour les étrangers.

Le RN entend également porter cette question au Parlement. Lors de sa journée d’initiative parlementaire prévue le 8 octobre à l’Assemblée nationale, le groupe prévoit notamment de présenter un texte visant à conditionner davantage l’accès au logement social.