Onze nouveaux pays africains rejoignent l’initiative franco-mexicaine sur l’encadrement du droit de veto à l’ONU

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AFRIQUEINTERNATIONAL
Onze nouveaux pays africains rejoignent l’initiative franco-mexicaine sur l’encadrement du droit de veto à l’ONU

Onze nouveaux États africains ont officiellement rallié mardi l’initiative portée par la France et le Mexique visant à suspendre l’usage du droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies en cas d’atrocités de masse. Cette annonce, intervenue lors du sommet « Africa Forward » réuni au Kenya, porte désormais à 118 le nombre total de pays signataires de cette déclaration politique.

« Une étape est franchie pour protéger les peuples du monde contre les atrocités de masse : génocides, crimes contre l’humanité, et crimes de guerre les plus graves », a déclaré le représentant de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, depuis la capitale kényane.

Soulignant l’urgence de réformer les mécanismes décisionnels de l’organisation internationale, régulièrement paralysée par les tensions géopolitiques, il a ajouté : « Nous ne pouvons plus attendre pour rendre à l’ONU son efficacité, qui ne doit plus être entravée par l’usage abusif du droit de veto. J’invite tous les pays qui ne l’ont pas encore fait à nous rejoindre ! »

L’initiative franco-mexicaine, dont les textes fondateurs avaient été présentés lors de la 70ème Assemblée générale des Nations unies, s’appuie sur le principe que le Conseil de sécurité, garant du maintien de la paix et de la sécurité internationales, ne doit pas être empêché d’agir face à des situations d’extrême gravité.

Cette démarche ne nécessite pas une révision complexe de la Charte des Nations unies, mais propose un « accord collectif et volontaire » parmi les membres permanents du Conseil de sécurité. Ces derniers s’engageraient à ne pas faire usage de leur veto pour bloquer une résolution ayant pour but de prévenir ou de faire cesser la commission d’atrocités de masse.

Le veto, « une responsabilité internationale »

Le texte rappelle les engagements pris par les chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet mondial de 2005 concernant la responsabilité de protéger les populations civiles. Les promoteurs de l’initiative soulignent que le droit de veto « n’est pas un privilège, mais une responsabilité internationale ».