La ministre déléguée française chargée des Armées, Alice Rufo, a salué ce mercredi la prolongation du cessez-le-feu avec l’Iran, estimant qu’elle offre un « temps nécessaire » à la conclusion d’un accord durable, dans un contexte de négociations jugées « complexes ».
« Prolonger le cessez-le-feu, c’est une bonne chose (…) plus on aura du temps pour négocier un accord solide, mieux ce sera », a-t-elle déclaré sur France Inter, appelant au respect de la trêve et à une approche diplomatique face à une crise aux répercussions économiques mondiales .
La responsable a souligné que la stratégie française repose sur la construction d’un cadre diplomatique international, évoquant la mobilisation de près de 49 pays autour de la sécurisation du détroit d’Ormuz, axe clé du commerce énergétique mondial .
Elle a précisé que l’objectif n’était « pas d’aller faire la guerre dans le détroit d’Ormuz », mais de réunir les conditions permettant la reprise de la circulation maritime, c’est-à-dire le passage sécurisé des navires marchands .
Interrogée sur la sécurité des moyens militaires français, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, dont la localisation a été rendue publique par des journalistes, Alice Rufo a indiqué que ces équipements disposent de capacités avancées leur permettant d’être visibles ou non selon les objectifs opérationnels.
Sur le Liban, elle a réaffirmé l’engagement français au sein de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), avec près de 700 militaires déployés, assurant que la France resterait mobilisée jusqu’à la fin du mandat de la mission.
La ministre a également insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité territoriale du Liban et a estimé qu’« il ne faut pas qu’il y ait d’occupation du sud du Liban », dans un contexte de cessez-le-feu fragile et de tensions persistantes entre Israël et le Hezbollah .
Ces déclarations interviennent alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour stabiliser la région, après plusieurs semaines d’escalade militaire impliquant notamment l’Iran, Israël et les États-Unis.
Contexte
Les hostilités au Moyen Orient se sont intensifiées après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l’Iran le 28 février. En réponse, Téhéran a mené des frappes de représailles contre Israël et d’autres pays de la région abritant des actifs américains.
Le Pakistan a accueilli des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran les 11 et 12 avril, après avoir négocié un cessez-le-feu de 14 jours le 8 avril, lequel doit expirer mercredi soir, heure de Washington.
Des efforts pour un nouveau cycle de négociations sont en cours, bien que l’incertitude demeure.
Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il était « hautement improbable » qu’il prolonge le cessez-le-feu, ajoutant que le détroit d’Ormuz resterait bloqué jusqu’à ce qu’un accord soit conclu.
La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart du commerce pétrolier mondial, a ravivé les craintes sur l’approvisionnement énergétique mondial et provoqué de vives turbulences sur les marchés.




