Tanzanie : 518 morts dans les violences électorales, selon une commission d’enquête contestée

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INTERNATIONAL
Tanzanie : 518 morts dans les violences électorales, selon une commission d’enquête contestée

Les violences survenues lors de la période électorale d’octobre et novembre en Tanzanie ont fait 518 morts, selon les conclusions d’une commission d’enquête présentées, jeudi 23 avril, à Dar es Salaam. Un bilan immédiatement contesté par l’opposition, qui évoque plusieurs milliers de victimes et remet en cause l’impartialité de l’instance.

Un bilan officiel de 518 morts annoncé à Dar es Salaam

La commission d’enquête, chargée d’évaluer les violences post-électorales, a rendu public un premier bilan détaillé : 518 personnes tuées au total, 28 femmes, 490 hommes. Ces chiffres ont été présentés par son président, Mohamed Chande Othman, ancien plus haut magistrat du pays, lors d’une conférence de presse à Dar es Salaam. Selon la commission, les violences se sont déroulées sur plusieurs jours, dans un contexte de fortes tensions politiques après les élections. 

Une commission critiquée pour son manque d’indépendance  

Dès sa mise en place, la commission avait été vivement contestée par l’opposition, notamment par le principal parti rival du pouvoir, Chadema. Ce dernier dénonçait une instance : “ni indépendante, ni impartiale”. Ces critiques sont réapparues avec la publication du rapport, renforçant la méfiance autour des chiffres officiels. 

Des chiffres divergents et des accusations de dissimulation 

Les conclusions de la commission contrastent fortement avec les estimations avancées par l’opposition, qui évoque un bilan beaucoup plus lourd : environ 2 000 morts selon Chadema. Par ailleurs, des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de violence extrême, notamment des photographies d’enfants tués, alimentant l’indignation et les accusations de répression massive. 

Une crise politique encore loin d’être refermée 

Au-delà des chiffres, cette divergence de bilans illustre une profonde fracture politique dans le pays. Tandis que les autorités défendent les conclusions de la commission, l’opposition continue de réclamer une enquête internationale indépendante. Dans un climat toujours tendu, la question du nombre réel de victimes reste au cœur des débats, symbole d’une crise électorale aux conséquences encore très sensibles pour la stabilité du pays.