Serigne Mbaye Thiam, initiateur d’une fronde au Parti socialiste, met en garde la direction du Parti contre une éventuelle exclusion.
Membre des initiateurs du manifeste «Dundal Ps» qui réclament la restructuration du Parti socialiste (Ps), Serigne Mbaye Thiam et Cie ont engagé contre l’actuelle direction de leur formation politique dirigée par Aminata Mbengue Ndiaye. L’ex-ministre et responsable socialiste affirme leur détermination à aller jusqu’au bout, même s’ils restent ouverts au dialogue. Craint-il une exclusion du PS, comme cela a été le cas pour d’anciens responsables, notamment Khalifa Ababacar Sall et ses proches ?
Il répond sans ambages : « Sur les menaces d’exclusion qui circulent : je dois dire les choses clairement, c’est une fuite en avant. C’est une manière d’esquiver le débat de fond en agitant des menaces qui n’intimident personne. Nous n’envisageons pas cette alternative, tellement elle sera lourde de conséquences. Et je suis profondément convaincu que personne, dans ce Parti, n’osera s’engager dans cette voie. Un parti qui exclut ceux qui réclament sa renaissance, ce serait de la folie. »
Pour les initiateurs du Manifeste «Dundal Ps», il ne s’agit pas d’une bataille. Il s’agit plutôt d’un acte de responsabilité, de fidélité envers notre Parti et ses militants. Il précise : « Notre démarche n’est pas née du jour au lendemain. Elle fait suite à des alertes esquivées, des suggestions et des interventions faites au sein même des instances du Parti, mais qui ont systématiquement été ignorées. Nous avons tout fait pour éviter des crises en faisant preuve de retenue et de sens des responsabilités. Mais cette situation dure en réalité depuis la disparition de Ousmane Tanor Dieng, Secrétaire général élu par les militants. »
Serigne Mbaye Thiam rembobine : « Depuis 2019, un intérim ou une suppléance qui dure maintenant depuis sept ans, donc bientôt le double du mandat statutaire qui est de quatre ans. Et cela a produit l’immobilisme que j’ai personnellement dénoncé déjà en 2020. Les événements du 13 juin dernier sont la conséquence de cette stratégie de contournement et de pourrissement dans laquelle certains responsables enferment la Secrétaire générale. Une assemblée générale convoquée sur des bases discriminatoires a produit des échauffourées et ne s’est pas finalement tenue. C’est ce constat d’échec pour tout le parti et nous aurions pu l’éviter, s’il n’y avait pas un entêtement de la direction du parti. Seuls le dialogue et le consensus peuvent nous permettre de passer ce cap. Il faut dépasser les égos et les amours-propres. »




