Avoir plusieurs enfants protège-t-il les femmes d’un AVC ?

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BIEN ÊTRESANTE
Avoir plusieurs enfants protège-t-il les femmes d’un AVC ?

L’AVC, première cause de mortalité féminine en France

Les AVC restent l’une des principales causes de décès et de handicap dans le monde. Or, les femmes sont particulièrement concernées : elles représentent près de 57 % des AVC recensés aux Etats-Unis – et pas moins en France, où ils sont la première cause de mortalité féminine. Pour mieux comprendre cette différence entre les hommes et les femmes, des chercheurs de l’UT Health San Antonio (Etats-Unis) et de l’Université de Galway (Irlande) se sont intéressés aux facteurs reproductifs féminins. On sait en effet que l’âge des premières règles, la ménopause, les hormones ou le nombre de grossesses pourraient modifier l’exposition naturelle aux œstrogènes, des hormones soupçonnées d’avoir un effet protecteur sur les vaisseaux du cerveau.

Dans le cadre de leurs travaux, les scientifiques ont suivi 1.882 femmes issues de la célèbre étude de Framingham aux Etats-Unis. Au début du suivi, entre 1998 et 2001, les participantes avaient en moyenne 61 ans et n’avaient jamais subi d’AVC. Pendant près de 18 ans, les chercheurs ont observé, chez elles, l’apparition d’AVC mais aussi de lésions cérébrales silencieuses visibles à l’IRM, provoquées par une mauvaise circulation sanguine. Au total, 126 femmes ont subi un AVC au cours de l’étude.

Résultat : après avoir pris en compte une série de facteurs reproductifs comme la ménopause, les traitements hormonaux ou encore le nombre de grossesses, il est apparu que les femmes qui avaient eu trois enfants ou plus semblaient moins exposées au risque d’AVC. Elles présentaient également moins de signes de dommages vasculaires cérébraux.

Risque d’AVC : des grossesses à prendre en compte ?

« Nos résultats suggèrent que certains facteurs reproductifs comme le nombre de naissances pourraient être pris en compte dans l’évaluation du risque d’AVC chez les femmes », affirme la Dre Sudha Seshadri, neurologue et autrice principale de l’étude, dans un communiqué.

Son équipe reste toutefois prudente : l’étude montre une association, elle ne prouve pas qu’avoir plusieurs enfants protège directement le cerveau. « Ce facteur [du nombre de grossesses] pourrait devenir important dans les outils cliniques spécifiques aux femmes pour prédire le risque d’AVC, mais des recherches supplémentaires seront nécessaires » pour confirmer le lien, conclut la médecin.