La luminothérapie pourrait aider à favoriser le vieillissement en bonne santé, surtout en ville, selon une nouvelle étude.
À l’instar de Bryan Johnson, le millionnaire qui s’est lancé dans une quête de la jeunesse éternelle à grand renfort de millions… de nombreuses personnes dépensent des fortunes en soins et produits pour vieillir en bonne santé. Les chercheurs de l’université de Surrey ont de leur côté trouvé une méthode peu coûteuse pour y parvenir : la luminothérapie.
Leur étude a été présentée dans la revue Journal of Pineal Research, le 2 septembre 2026.
Des rythmes veille-sommeil moins perturbés grâce à la luminothérapie
« L’exposition à la lumière du jour est essentielle pour réguler nos rythmes circadiens et nos cycles de sommeil. Cependant, souvent, les personnes âgées vivant en milieu urbain, en raison de la baisse de leur vue ou de problèmes de mobilité les empêchant de sortir, ne bénéficient pas de cette exposition à une lumière bénéfique, ce qui peut entraîner des troubles du sommeil et de la santé, et augmenter leur risque de maladies chroniques », explique Le Dr Daan van Der Veen, auteur de l’étude dans un communiqué.
Le scientifique et ses collègues ont ainsi voulu voir si la luminothérapie pourrait être une solution pour booster leur santé. Ils ont recruté 202 personnes âgées entre 63 et 92 ans dans 3 villes européennes dont les variations saisonnières de la lumière du jour étaient différentes : Tartu (Estonie), Bologne (Italie) et Amsterdam (Pays-Bas). Pendant les deux premières semaines, le sommeil, l’exposition à la lumière et la santé des participants ont été évalués. Ensuite, la moitié des volontaires ont reçu une lampe de luminothérapie offrant une lumière blanche intense proche de celle du soleil. Il leur était demandé d’utiliser l’appareil dans l’heure suivant leur réveil, puis de l’éteindre au plus tard quatre heures avant leur coucher, et ce pendant 12 semaines. L’autre groupe avait pour simple consigne de vaquer à leurs occupations ordinaires. Tous les participants portaient un actimètre et un capteur de luminosité suspendu afin de mesurer leur niveau d’activité et leur exposition à la lumière. L’étude a été répétée à chaque saison pour tenir compte des variations de la lumière naturelle.
Résultat : les participants qui avaient bénéficié d’une exposition plus importante à la lumière affichaient une activité diurne accrue, une meilleure qualité subjective du sommeil et une incidence réduite des troubles métaboliques.
De plus, les « lève-tôt » bénéficiant de la luminothérapie et l’utilisant avant 10h du matin étaient significativement plus actifs durant la journée. Leurs rythmes veille-sommeil étaient aussi moins perturbés que pris la lumière plus tard. « Il apparaît notamment que, lorsque l’exposition diurne à une lumière naturelle est limitée, les personnes ont souvent recours à un apport lumineux supplémentaire auto-administré de plus longue durée, et que cette exposition précoce présente des avantages concrets pour la synchronisation circadienne et le sommeil », écrivent les auteurs dans leur article.
Luminothérapie : une solution simple pour améliorer la santé des personnes âgées
Cette étude en conditions réelles confirme des résultats de recherches menées en laboratoires : les lampes de luminothérapie peuvent améliorer le sommeil, le niveau d’activité et les rythmes circadiens des personnes âgées vivant en milieu urbain et peu exposées à la lumière naturelle.
« Il s’agit d’une découverte passionnante qui apporte la preuve concrète que la lumière est une intervention simple, non médicamenteuse et potentiellement rentable qui, du point de vue des politiques de santé publique, pourrait contribuer à un vieillissement en bonne santé, explique Débora Constantino, auteure de l’étude dans un communiqué. Ces résultats mettent en lumière une réelle opportunité pour les décideurs politiques d’intégrer un apport structuré de lumière naturelle en intérieur dans les dispositifs de soins communautaires et les directives des établissements d’hébergement pour personnes âgées. »




