Diabète : et si un simple examen des yeux révélait un danger invisible ?

12:07
BIEN ÊTRESANTE
Diabète : et si un simple examen des yeux révélait un danger invisible ?

Des examens ophtalmologiques de routine révèlent une hypertension de stade 2 chez la moitié des personnes diabétiques.

Et si votre ophtalmologue était le premier à détecter votre hypertension ? C’est ce que suggère une nouvelle étude publiée dans la revue JAMA Ophthalmology. Dans le cadre de celle-ci, des chercheurs l’université de Virginie (États-Unis) sont partis d’un constat : la rétinopathie diabétique est depuis longtemps considérée comme une manifestation d’une maladie vasculaire systémique. Largement favorisée par l’hypertension artérielle, un facteur de risque majeur et modifiable, elle entraîne des complications, comme des lésions rétiniennes et un œdème maculaire (un gonflement de la partie centrale de la rétine dû à une accumulation de liquide). « Pourtant, malgré des décennies de preuves établissant un lien entre l’hypertension, le contrôle glycémique et l’état de la rétine, les ophtalmologues se sont traditionnellement contentés de prendre en charge les conséquences oculaires de maladies systémiques, sans participer activement à la surveillance globale des maladies chroniques. »

Diabète : 172 patients recevant des soins ophtalmologiques ont bénéficié d’un dépistage de la pression artérielle

Étant donné que les cliniques ophtalmologiques constituent un lieu propice au dépistage de l’hypertension, l’équipe a voulu évaluer la prévalence de l’hypertension artérielle chez les personnes atteintes de diabète consultant pour des soins ophtalmologiques, ainsi que l’attitude des patients à l’égard du dépistage en clinique. Pour les besoins des travaux, les auteurs ont recruté 172 adultes atteints de diabète de type 1 ou de type 2. Durant une consultation ophtalmologique de routine, le personnel d’une clinique a mesuré la tension artérielle de chaque patient avant l’administration de gouttes pour dilater la pupille, afin de garantir la précision des relevés. Les participants devaient également remplir un questionnaire comportant des questions sur leur tension artérielle : antécédents d’hypertension, prise de médicaments, fréquence des mesures à domicile, connaissance du lien possible avec la vision et avis sur la mesure de la tension lors d’une consultation ophtalmologique. Des données cliniques et ophtalmologiques complémentaires ont été extraites des dossiers médicaux électroniques.

Près de la moitié des diabétiques souffraient d’hypertension de stade 2

Les résultats ont montré que, parmi les 172 volontaires, 8,1 % présentaient une pression artérielle normale, 52,9 % une hypertension de stade 2 et 10,5 % répondaient aux critères d’une crise hypertensive. Un précédent diagnostic d’hypertension était établi chez 144 des 172 patients et parmi eux, 131 recevaient un traitement antihypertenseur. Parmi les 28 adultes sans hypertension connue, 85,7 % présentaient une tension artérielle supérieure à la normale, dont 35,7 % une hypertension de stade 2 et 3 10,7 % une crise hypertensive. Bien que 100 des 144 adultes souffrant d’hypertension diagnostiquée aient jugé le contrôle de leur pression artérielle comme « bon ou excellent », 115 présentaient une hypertension de stade 1 ou plus. À l’issue de la consultation, il a été conseillé à 103 des 172 patients de consulter leur médecin traitant, et 20 d’entre eux ont nécessité une prise en charge rapide.

Une mesure systématique de la pression artérielle en consultation d’ophtalmologie

Dans les conclusions, les auteurs signalent que ces chiffres révèlent un écart réel entre la perception et la réalité. « La perception qu’avaient les patients de la maîtrise de leur tension artérielle ne correspondait souvent pas aux mesures réelles. » Ils soutiennent que ce décalage justifie l’intégration systématique de la mesure de la tension artérielle, qui pourrait permettre d’identifier des risques cardiovasculaires nécessitant une intervention, à chaque consultation ophtalmologique.