Ozempic, Wegovy : la prise irrégulière réduit l’efficacité des analogues du GLP-1
Les patients ne sont pas toujours très studieux dans la prise des traitements, surtout ceux sur le long cours. Des chercheurs de l’école de médecine de l’université de Pennsylvanie ont voulu vérifier les conséquences d’un usage irrégulier de l’Ozempic ou du Wegovy. Ils ont, pour cela, étudié deux groupes de souris en surpoids sur une période de quatre mois.
Le premier a reçu le sémaglutide GLP-1 de manière cohérente tandis que le second suivait un cycle « stop-and-start » (deux semaines de traitement, deux semaines sans médicament) pendant trois cycles avant de passer à une prise constante durant les deux derniers mois.
Résultat : si les deux groupes ont connu une perte de poids similaire au cours des deux premières semaines, le groupe « stop-and-start » a rapidement repris du poids à chaque période d’arrêt. « Surtout, lors de la reprise du traitement, il leur a été impossible de retrouver leur poids le plus bas initial », précisent les auteurs dans leur communiqué. « Même après 62 jours d’utilisation régulière à la fin de l’étude, le groupe intermittent est resté 20 % plus lourd que le groupe constant. »
« L’efficacité de ces médicaments peut dépendre fortement de la régularité du traitement », ajoute le Dr Thomas H. Leung. Il ajoute « la prise d’agonistes du GLP-1 est une décision qu’il est important de discuter avec son médecin, car elle implique un engagement à long terme et peut ne pas convenir aux personnes ayant des difficultés à prendre des médicaments quotidiennement ou hebdomadairement. »
Pourquoi l’efficacité des GLP-1 décroît en cas d’irrégularité du traitement ?
Les chercheurs n’ont pas seulement observé les conséquences d’une prise d’Ozempic régulière, ils ont également expliqué le phénomène. La diminution de l’efficacité des GLP-1 lors de l’arrêt et de la reprise du traitement pourrait être liée à la composition corporelle, selon eux.
La perte de poids induite par les analogues GLP-1 se compose généralement de 40 % de muscles et de 60 % de graisse. Cependant, lorsqu’un patient interrompt le traitement, la reprise de point est uniquement constituée de graisse. Ainsi, le rapport masse musculaire/masse grasse a changé. La réalisation d’IRM a confirmé que le corps paraît atteindre un « seuil musculaire ».
« Le corps semble recevoir un signal biologique indiquant qu’il ne peut plus se permettre de perdre de la masse musculaire », explique le Dr Leung. « Une fois que le pourcentage de muscles atteint un certain seuil, le corps peut résister à une perte de poids supplémentaire pour se protéger. »
Ces nouveaux résultats montrent selon lui qu’il est essentiel que les médecins encouragent les patients à préserver leur masse musculaire par l’exercice physique ou la nutrition pendant leur traitement par agonistes du GLP-1. Par ailleurs, il est essentiel de rappeler également que les analogues du GLP-1 comme l’Ozempic et Wegovy, ne peuvent être pris sans avis médical au préalable et qu’un suivi est nécessaire également.




