Maux de tête sévères : de nouvelles causes découvertes

11:51
BIEN ÊTRESANTE
Maux de tête sévères : de nouvelles causes découvertes

Des recherches mettent en lumière de nouvelles causes pouvant contribuer au développement de céphalées en grappe, des maux de tête très sévères.

Les céphalées en grappe, aussi appelées algie vasculaire de la face, sont des maux de tête très intenses et soudains. Les causes sous-jacentes de ce trouble qui touchent majoritairement les hommes, étaient jusque-là méconnues. Les chercheurs de l’institut Karolinska se sont penchés sur le trouble pour lever ses zones d’ombres. Ils ont identifié trois facteurs pouvant contribuer au développement de la maladie neurologique : l’inflammation, l’altération de la régulation des gènes et l’exposition à des substances contenues dans la fumée de tabac.

La découverte a été détaillée dans deux articles The Journal of Headache and Pain et Cephalalgia, tous deux parus en août.

Algie vasculaire de la face : des gènes et l’inflammation mis en cause

Dans la première étude, les chercheurs ont effectué des analyses génétiques sur plus de 1.500 participants. Certains étaient touchés par des céphalées en grappe, d’autres en bonne santé. Des tests sanguins et cutanés ont également été réalisés sur un plus petit groupe.

L’équipe a ainsi confirmé l’implication de sept gènes précédemment associés à l’algie vasculaire de la face. Elle a aussi découvert que plusieurs d’entre eux s’expriment différemment chez les malades. « Six de ces sept gènes sont actifs dans les cellules immunitaires ou sont liés aux voies de signalisation de l’inflammation de l’organisme », précisent les auteurs dans leur communiqué.

« Cela renforce l’hypothèse selon laquelle le système immunitaire et l’inflammation pourraient jouer un rôle central dans les céphalées en grappe », ajoute la chercheuse Caroline Ran. « Plusieurs gènes influencent les mêmes voies de signalisation biologique, ce qui nous apporte des indications importantes sur les mécanismes sous-jacents à cette affection. »

Céphalées en grappe : l’exposition aux métaux lourds du tabac pourrait jouer un rôle

La seconde recherche, publiée dans Cephalalgia, a analysé des échantillons de sang, d’ADN et de liquide céphalo-rachidien de patients souffrant de la maladie et de témoins sains. Ces tests ont montré que les personnes atteintes d’algie vasculaire de la face présentaient les marqueurs d’une exposition accrue aux métaux lourds et à d’autres substances présentes dans la fumée de tabac. Elles affichaient aussi des modifications des marqueurs régulant la méthylation de l’ADN, un mécanisme qui influence l’activité des différents gènes.

« Cette étude ne permet pas d’établir de lien de cause à effet, mais les résultats suggèrent que des facteurs environnementaux, tels que les métaux lourds présents dans la fumée du tabac, pourraient interagir avec les mécanismes biologiques de la céphalée en grappe », explique la Pr Andrea Carmine Belin, auteure de l’étude.