Syndrome du canal carpien : pourquoi si peu de Français font-ils reconnaître leur maladie ?

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BIEN ÊTRESANTE
Syndrome du canal carpien : pourquoi si peu de Français font-ils reconnaître leur maladie ?

Un Français sur dix entre 20 et 64 ans serait concerné par le syndrome du canal carpien. Mais alors que la majorité des patients font le lien avec leur travail, très peu entreprennent les démarches pour faire reconnaître une maladie professionnelle.

Fourmillements, engourdissements, douleurs dans les doigts… Le syndrome du canal carpien peut rapidement gêner les gestes du quotidien et le travail. Ce trouble musculosquelettique résulte de la compression d’un nerf au niveau du poignet et peut affecter la sensibilité et la motricité de plusieurs doigts.

Selon une étude publiée par Santé publique France (SpF), un peu plus d’une personne sur dix interrogée a déclaré avoir souffert de cette affection au cours des cinq dernières années. Les femmes sont davantage concernées, avec six cas sur dix. L’agence de santé souligne que son apparition dépend de facteurs personnels, médicaux ou hormonaux, mais aussi d’activités professionnelles ou extraprofessionnelles : gestes répétitifs, outils vibrants ou travaux manuels nécessitant de la force.

Des symptômes jugés « peu importants » par un quart des patients

Le constat surprend : plus de 70 % des personnes atteintes attribuent ainsi leur syndrome du canal carpien à leur activité professionnelle, mais seulement 10 % ont engagé une démarche pour le faire reconnaître comme maladie professionnelle. Pour parvenir à ces résultats, SpF a exploité les enquêtes téléphoniques du Baromètre santé 2020 et 2021, menées respectivement auprès de 6.646 et 17.740 personnes âgées de 20 à 64 ans.

Pourquoi une telle différence ? Dans 25 % des cas, les personnes interrogées estiment que leurs « symptômes ou douleurs » sont « peu importants ». D’autres ne savent pas comment procéder (11 %), craignent de perdre leur emploi (10 %) ou redoutent des formalités trop complexes (9 %). Le recours aux soins reste lui aussi limité : seule une personne sur dix déclare avoir consulté un médecin. Seuls 15 % des patients ont été opérés, principalement des femmes âgées de 45 à 64 ans.

Mieux former les médecins sur les troubles musculosquelettiques

Le syndrome du canal carpien est pourtant la deuxième maladie professionnelle la plus fréquemment reconnue par le régime général de la Sécurité sociale, derrière les tendinopathies de la coiffe des rotateurs de l’épaule. Face à cette sous-déclaration, Santé publique France recommande de renforcer la formation des médecins généralistes et de poursuivre l’information du grand public sur les troubles musculosquelettiques. La Fédération nationale des accidentés et des handicapés du travail (Fnath) estime par ailleurs qu’entre 11.600 et 32.300 cas liés à un accident ou une maladie du travail ne seraient pas déclarés comme tels, avec un coût potentiel de 43 à 121 millions d’euros pour la Sécurité sociale.