Le rêve est passé. Et le réveil est brutal. L’équipe de France, si brillante depuis le début de la Coupe du monde aux États-Unis, a pris une claque difficile à digérer après avoir montré tant de promesses. Mais ces promesses sont vaines quand la route s’élève et que rien ne permet d’y croire encore. L’Espagne, qui a si souvent contrarié le destin des Bleus ces vingt dernières années (la France ne l’a plus battue en compétition officielle depuis le Mondial 2006), a mis fin au bel été français sans aucune contestation possible, au terme d’un match d’une glaçante maîtrise en s’imposant, ce mardi, en demi-finales du Mondial (0-2).
Comment ces Bleus allaient-ils réagir à la première difficulté, aux vents contraires qu’ils n’ont jamais eus à affronter depuis le début du Mondial ? C’est aussi la manière d’y répondre qui renforce les grandes équipes. La première demi-heure du match ressemblait en effet à un cauchemar pour les joueurs de Didier Deschamps, avec un ballon confisqué par les Espagnols, qui respectaient à la lettre leur plan de jeu, et un pressing français quasi inefficace.
Dans son couloir gauche, Lucas Digne savait qu’il avait l’une des clés de la rencontre, à savoir réduire au maximum l’influence de Lamine Yamal. Le prodige espagnol, sans être flamboyant, faisait pourtant déjà tourner le match en faveur de la Roja en obtenant un penalty après une faute du futur joueur du PSG, qui ne voyait pas son adversaire arriver dans son dos au moment de dégager le ballon. Après quelques minutes de palabre dans la surface, Mike Oyarzabal plaçait l’Espagne sur le bon chemin en trompant Mike Maignan d’une frappe sèche (22’). Les Bleus étaient ainsi menés au score pour la première fois depuis le début de la Coupe du monde.
Quelques minutes plus tard, nouveau vent contraire pour les Bleus. William Saliba s’allongeait subitement sur la pelouse, son dos, qui le fait souffrir depuis plusieurs semaines et la finale de la Ligue des champions avec Arsenal contre le PSG, venait de le lâcher. Le défenseur, qui serrait les dents pour atténuer la douleur dans ce Mondial, devait se résoudre à quitter le terrain, remplacé par Maxence Lacroix (30’). Ce manque de sérénité ruisselait aussi chez les joueurs offensifs, incapables de se trouver dans de bonnes conditions, notamment parce que les lignes de passe étaient intelligemment coupées par la défense espagnole.
Face au Sénégal, pour leur tout premier match du Mondial, les Bleus étaient aussi passés à côté de leur première période, avant de changer de visage après la pause. Cette fois-ci, pas de table renversée, mais plutôt un cauchemar sans fin. Juste avant l’heure de jeu, Pedro Porro, parfaitement servi dans la surface par Dani Olmo, marquait de près le deuxième but espagnol du match (58’), celui qui enterrait déjà les derniers espoirs français. Le but refusé de Lamine Yamal, pour une position de hors-jeu (61’), aurait éteint tout suspense, que seule une frappe au ras du poteau de Kylian Mbappé (67’) et un tir de Désiré Doué stoppé par l’immense Unai Simon ont entretenu (81’). L’Espagne, qui a réalisé son meilleur match du Mondial, claque la porte de la finale au nez des Bleus. Le réveil est douloureux…




