L’Afrique veut reprendre le contrôle de ses ressources énergétiques

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ECONOMIE
L’Afrique veut reprendre le contrôle de ses ressources énergétiques

Réunis à Dakar depuis le 12 mai pour la 23e édition du Salon international de l’énergie et du pétrole en Afrique (SIEPA), responsables publics, industriels et partenaires internationaux ont plaidé pour une exploitation souveraine des ressources extractives africaines, au service de l’industrialisation, de l’emploi et de la transition énergétique.

Le Sénégal entend faire de ses hydrocarbures un moteur de transformation économique et sociale. Avec l’entrée en production du champ pétrolier de Sangomar et du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), le pays assume pleinement son statut de producteur d’énergie. Organisé par l’Association sénégalaise pour le développement de l’énergie en Afrique (ASDEA) et l’Association africaine pour le développement de l’énergie en Afrique (ADEA), le SIEPA 2026 se tient autour du thème : « Ressources extractives : enjeux et perspectives ».

Représentant le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, le secrétaire général du département, Cheikh Niane, a présenté les orientations de la stratégie énergétique du Sénégal inscrite dans le référentiel Sénégal 2050. L’objectif est de faire des ressources naturelles un levier de transformation structurelle de l’économie et d’amélioration durable des conditions de vie des populations.

« Le véritable défi demeure celui de la gouvernance et de la valorisation stratégique de nos ressources », a déclaré Cheikh Niane, plaidant pour une industrie énergétique capable de soutenir la croissance, de renforcer le tissu industriel et de favoriser l’émergence d’un secteur privé national compétitif. Les autorités sénégalaises mettent en avant la transparence, à travers l’ITIE et le COS-PETROGAZ, ainsi que plusieurs réformes destinées à améliorer le cadre contractuel et à renforcer l’intégration des entreprises nationales dans la chaîne de valeur pétrolière et gazière. La loi sur le contenu local constitue l’un des piliers de cette stratégie.

Sur le plan énergétique, Dakar défend un mix équilibré associant gaz naturel et énergies renouvelables. Le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité via l’OMVS et l’OMVG, ainsi que la biomasse occupent une place croissante dans la planification nationale. Président de l’ASDEA, Mohamed Seck a souligné que l’Afrique devait transformer ses ressources en prospérité durable. « Les ressources extractives ne doivent plus être seulement des sources d’exportation brutes. Elles doivent devenir des leviers d’industrialisation, de création d’emplois et d’intégration régionale », a-t-il affirmé. Président de l’ADEA, Jean Pierre Favennec a, pour sa part, insisté sur l’importance du capital humain et des énergies renouvelables dans le développement africain. « Investir dans les renouvelables, c’est électrifier les territoires, réduire la dépendance aux combustibles fossiles et créer des emplois durables », a-t-il soutenu.

Pays partenaire d’honneur pour la deuxième année consécutive, l’Italie a réaffirmé sa volonté de renforcer sa coopération énergétique avec le Sénégal. Représentant l’Agence italienne pour la promotion du commerce extérieur (ITA), Alessandro Gerbino a mis en avant les perspectives de partenariats industriels entre les deux pays. Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé : la souveraineté énergétique africaine passe par l’industrialisation locale, la formation des compétences, la transparence dans la gouvernance et des partenariats internationaux plus équilibrés.