Pain à 210 francs : les boulangers demandent l’application du tarif

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ECONOMIE
Pain à 210 francs : les boulangers demandent l’application du tarif

Le prix du pain pourrait de nouveau s’inviter au cœur des préoccupations des consommateurs sénégalais. Le Regroupement des Boulangers du Sénégal (RBS) Authentique tire la sonnette d’alarme et demande l’application d’un nouveau tarif pour la baguette de 190 grammes.

Dans un communiqué de presse signé par son président national, Fallou Sarr, le RBS estime que le prix actuel de 150 francs ne permet plus aux boulangers de faire face à l’augmentation générale de leurs charges. Le regroupement réclame ainsi l’application du prix de 210 francs pour la baguette de 190 grammes, conformément, selon lui, à la structure du pain établie en 2025. La revendication intervient dans un contexte marqué par la hausse du coût de plusieurs intrants nécessaires à la fabrication et à la distribution du pain. Pour les boulangers, maintenir le prix à 150 francs devient de plus en plus difficile.

Des coûts de production qui pèsent lourdement

Dans son communiqué, le RBS met en avant l’évolution du coût de production du pain au fil des années. « Depuis 2001, le prix de la baguette est toujours à 150 F alors que le coût de production de 2001 est triplé en 2026 », déplore le regroupement. La farine constitue l’un des principaux postes de dépense des boulangeries. Le RBS rappelle que le sac de farine, qui coûtait 7 800 francs dans les années quatre-vingt, est aujourd’hui vendu à 15 200 francs. Avec les frais de transport, précisent les boulangers, le prix du sac peut atteindre environ 16 000 francs pour le professionnel.

La facture énergétique s’est également alourdie. Le communiqué cite notamment le prix du gasoil. Pour illustrer l’évolution des charges, le RBS compare le coût de 1 000 litres de gasoil, qui s’élevait à 98 000 francs à l’époque évoquée, à son niveau actuel de 424 000 francs. Les autres matières et produits indispensables à la fabrication du pain connaissent eux aussi des augmentations. Le sac de sel, qui était vendu à 300 francs, est désormais annoncé à 2 500 francs. Quant au carton de levure, son prix serait passé de 5 000 à 15 000 francs.

À cela s’ajoutent, selon les boulangers, les hausses du prix de l’améliorant, de la glace et de l’électricité. Autant de dépenses qui, cumulées, réduisent les marges des professionnels et compliquent davantage l’équilibre économique des boulangeries.

Les boulangers demandent le respect de la structure du pain

Face à cette situation, le RBS Authentique estime que le maintien de la baguette à 150 francs n’est plus tenable. Le regroupement demande donc aux autorités de prendre en compte la réalité économique des boulangeries et de permettre l’application du tarif de 210 francs pour la baguette de 190 grammes. Le RBS rappelle également qu’une baisse du prix du sac de farine aurait été annoncée par le ministre chargé du secteur lors d’une précédente rencontre avec les représentants des boulangers. Mais, à en croire le communiqué, cette promesse n’a pas encore été suivie d’effets.« Jusqu’ici rien n’est fait », regrettent les responsables du regroupement. Pour les boulangers, la question ne se limite donc pas au seul prix affiché chez le vendeur. Elle concerne l’ensemble de la chaîne de production, depuis l’achat de la farine et de la levure jusqu’au transport, à l’énergie et aux autres charges nécessaires au fonctionnement quotidien d’une boulangerie.

Le RBS affirme par ailleurs que les boulangers du Sénégal sont désormais « tous unis dans leurs regroupements respectifs » pour défendre cette revendication. Cette mobilisation traduit la volonté du secteur de pousser les autorités à apporter une réponse à la hausse persistante des coûts.

Le spectre d’une pénurie de pain

Au-delà de la revendication tarifaire, le RBS Authentique lance surtout une mise en garde. Les boulangers craignent qu’une absence de réponse à leur demande ne débouche sur des difficultés d’approvisionnement dans les prochains jours. Le regroupement évoque ainsi le risque d’une pénurie nationale de pain si sa demande n’est pas prise en considération. Une perspective qui pourrait rapidement devenir préoccupante dans un pays où le pain occupe une place centrale dans les habitudes alimentaires des ménages.

Pour l’heure, le RBS demande donc l’application du prix de 210 francs prévu dans la structure du pain 2025, tout en appelant les autorités à prendre en compte l’augmentation des charges supportées par les professionnels. Le gouvernement devra ainsi trouver un équilibre entre le pouvoir d’achat des ménages et les contraintes économiques des boulangers. Le dossier pourrait donc rapidement devenir un sujet majeur de dialogue entre les pouvoirs publics et les acteurs de la filière boulangère.