Avortement médicalisé au Sénégal : les chiffres alertent sur les inégalités face aux risque

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BIEN ÊTRESANTE
Avortement médicalisé au Sénégal : les chiffres alertent sur les inégalités face aux risque

Au-delà du débat juridique, l’avortement au Sénégal demeure une réalité sanitaire et sociale marquée par des milliers de cas enregistrés chaque année, des complications parfois graves et de profondes inégalités d’accès à des soins sécurisés, rapporte le soleil.

L’avortement médicalisé dépasse largement la seule question juridique. Dans les structures de santé sénégalaises, 34.079 avortements ont été enregistrés en 2020, selon l’annuaire statistique du ministère de la Santé. Parmi ces cas, 1.526 étaient compliqués par une hémorragie ou une infection. Ces données ne recensent toutefois que les situations arrivées dans le système sanitaire et ne permettent donc pas de mesurer l’ensemble des avortements pratiqués dans le pays. Les estimations nationales disponibles donnent une autre mesure du phénomène.

Une étude, en 2021, évaluait à 51.500 le nombre d’avortements provoqués au Sénégal. Environ 16.700 femmes auraient alors été prises en charge dans des établissements de santé pour des complications liées à un avortement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), environ 73 millions d’avortements sont pratiqués, chaque année, dans le monde et près de 45 % sont réalisés dans des conditions non sécurisées.

La structure onusienne estime également que l’avortement représentait environ 8 % des décès maternels sur la période 2009-2020. Une ancienne estimation faisait état d’environ 47.000 décès par an liés aux complications des avortements non sécurisés.

Derrière ces statistiques se cache aussi une forte fracture sociale. L’accès à une interruption de grossesse clandestine, mais pratiquée au Sénégal dans des conditions médicalisées, peut dépasser 250.000 FCfa, selon les montants rapportés dans le cadre de l’atelier.