Dépression : ce temps passé sur les réseaux sociaux augmente le risque

13:22
BIEN ÊTRESANTE
Dépression : ce temps passé sur les réseaux sociaux augmente le risque

A partir de quand est-ce trop ? Une équipe de chercheurs américains a mis en évidence un lien préoccupant entre un certain temps passé à scroller sur les réseaux sociaux et la probabilité de souffrir de dépression.

Combien de temps passez-vous chaque jour à faire défiler des contenus sur Instagram, TikTok, Snapchat ou d’autres plateformes addictives ? La question se pose légitimement alors que, selon une étude publiée dans la revue npj Mental Health Research, plus de 150 minutes quotidiennes sur les réseaux sociaux – soit 2 h 30 – sont associées à davantage de symptômes dépressifs autodéclarés chez les adultes.

Le risque de dépression augmente à chaque heure supplémentaire

Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs de l’Université de Cincinnati et de la Northwestern University ont analysé plus de 183.000 réponses d’adultes âgés de 18 à 70 ans, recueillies entre 2014 et 2024. Leur particularité : avoir utilisé un modèle d’apprentissage automatique pour examiner les liens entre l’usage des réseaux sociaux et 31 indicateurs de santé. Dans le détail, il apparaît que chaque heure de plus passée quotidiennement sur les plateformes était associée à environ 17 % de risque supplémentaire de souffrir de dépression. Et que cette association entre réseaux et mal-être s’est maintenue tout au long des 11 années étudiées.

L’un des enseignements les plus marquants de l’étude concerne la comparaison avec d’autres caractéristiques. En effet, l’usage des réseaux sociaux s’est progressivement imposé comme un prédicteur plus important de la dépression que des facteurs sociaux comme la profession, le niveau d’études, l’origine ethnique ou la situation relationnelle. De même, la surconsommation des réseaux serait plus annonciatrice de dépression que d’autres activités sur écran, comme les jeux vidéo, la télévision ou encore le fait de surfer sur Internet.

Les auteurs restent toutefois prudents : la recherche ne démontre pas que les réseaux sociaux provoquent directement la dépression. Et pour cause : une personne déprimée pourrait aussi être amenée, du fait de son mal-être, à se tourner davantage vers ces plateformes. La relation peut donc fonctionner dans les deux sens…

Faut-il pour autant supprimer ses réseaux sociaux ?

Pas nécessairement, selon les chercheurs, qui soulignent plutôt l’intérêt de mieux contrôler son temps d’exposition aux réseaux sociaux. Dans un communiqué, Sumra Bari, chercheuse à l’Université de Cincinnati et coautrice de l’étude, recommande notamment de programmer des limites de temps, de désactiver les notifications et de se déconnecter complètement après chaque session. Selon le site Statista, les utilisateurs du monde entier passaient en moyenne 141 minutes par jour sur les réseaux en 2025, un niveau proche du seuil observé dans l’étude.

Le problème, selon Hans Breiter, également professeur à Cincinnati et coauteur des travaux, est que ces plateformes utilisent des mécanismes d’addiction pour prolonger le temps passé devant les écrans. « C’est un signal d’alarme, lance-t-il. Les réseaux sociaux sont nocifs pour les individus à tous les âges de la vie. Nous ne devrions pas nous exposer à un produit qui s’appuie sur les sciences de l’addiction pour optimiser notre temps de visionnage. »