Pourquoi certains répondent-ils mieux aux vaccins que d’autres ?

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BIEN ÊTRESANTE
Pourquoi certains répondent-ils mieux aux vaccins que d’autres ?

Une étude suggère que notre passé immunitaire déterminait en partie la façon dont nous réagissons aux vaccins.

Face à un même vaccin, certaines personnes développent une réponse immunitaire robuste tandis que d’autres réagissent moins bien. Comment est-ce possible ? C’est la question à laquelle ont voulu répondre des chercheurs de l’université d’État de l’Arizona (États-Unis). Pour cela, ces derniers ont analysé des échantillons sanguins, prélevés avant et après la vaccination contre la Covid-19, provenant de 1.644 patients immunodéprimés et 2.445 personnes en bonne santé.

Dans le cadre des travaux, ils ont mesuré les anticorps dirigés contre 185 antigènes, à savoir des cibles reconnues par le système immunitaire, incluant celles issues de virus et de bactéries courants (comme le coronavirus) et celles associées à des maladies auto-immunes. Ensuite, l’équipe a utilisé l’intelligence artificielle afin d’identifier des signatures d’anticorps permettant de distinguer les participants développant une forte réponse vaccinale de ceux présentant une réponse faible.

Vaccins : « des anticorps sentinelles susceptibles de servir de biomarqueurs de la compétence immunitaire »

Les réponses vaccinales atténuées contre la Covid-19 étaient plus fréquentes chez les receveurs de greffe d’organe et chez les personnes atteintes de myélome multiple, de maladies auto-immunes, de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou d’infection par le VIH. Cependant, les réponses se sont révélées très hétérogènes au sein des groupes. EN effet, certains volontaires immunodéprimés ont développé une réponse robuste, tandis qu’environ 5 à 6 % des adultes en bonne santé ont présenté une réponse faible.

Selon les résultats, publiés dans la revue Cell Press Blue, la présence d’anticorps préexistants ciblant des agents pathogènes courants, tels que la bactérie Staphylococcus aureus, le virus respiratoire syncytial (VRS) et le respirovirus humain 3, était associée à une réponse plus forte au vaccin contre la Covid-19. En clair, les traces laissées par les précédentes rencontres avec des virus, des bactéries ou d’autres agents pathogènes pourraient permettre de prédire de manière constante la réponse des anticorps après la vaccination.

« Ces anticorps antimicrobiens, largement répandus, agissent comme des anticorps sentinelles susceptibles de servir de biomarqueurs de la compétence immunitaire humorale globale. Ils ne ciblent pas nécessairement directement l’antigène vaccinal, mais pourraient plutôt témoigner de la réactivité potentielle du volet du système immunitaire responsable de la production d’anticorps », ont expliqué les auteurs.

Prédire la réponse immunitaire avant la vaccination grâce aux profils d’anticorps présents dans le sang

En s’appuyant sur les profils globaux d’anticorps antimicrobiens, les scientifiques ont mis au point un modèle prédictif basé sur l’apprentissage profond capable de classer les personnes selon la probabilité qu’ils présentent une réponse vaccinale atténuée. « À terme, cette approche pourrait aider les médecins à identifier les patients nécessitant des doses de vaccin supplémentaires, un suivi plus étroit ou des mesures de protection alternatives. Elle permettrait également de mieux comprendre pourquoi certaines personnes répondent bien à la vaccination alors que d’autres non. »