Lorsque des travailleurs consultent des informations politiques jugées négatives, ils sont davantage sujets à l’anxiété et à un désengagement dans leurs missions.
Nul besoin d’en parler pour qu’elle nous impacte. Dans Computers in Human Behavior, des scientifiques américains expliquent comment la politique agit sur le bien-être au travail, même sans que les salariés en parlent directement. Les informations, liées à la politique, consultées en dehors des horaires de travail, peuvent avoir une influence sur leur état d’esprit et leur comportement au bureau.
Politique et travail : comment certaines informations peuvent impacter notre état d’esprit au travail ?
L’équipe de l’université Texas A&M a suivi 308 travailleurs américains pendant la campagne des primaires présidentielles de 2024 aux États-Unis. Pendant neuf semaines, les chercheurs ont interrogé les participants sur leur suivi de l’actualité politique à domicile : médias, réseaux sociaux, podcasts, etc. Différentes informations ont été recueillies comme la fréquence de consommation d’information politique, mais aussi le comportement au travail : niveau d’engagement, anxiété ou encore espoir. Les chercheurs n’ont pas cherché à déterminer si l’information politique était objectivement positive ou négative, mais plutôt comment elle était perçue personnellement par les participants.
Ils ont constaté que les semaines marquées par une plus grande quantité d’informations politiques perçues négativement étaient associées à une anxiété accrue et à un engagement moindre au travail. Selon les auteurs, cet indicateur reflète le niveau d’énergie, d’enthousiasme et d’investissement des employés dans leur travail.
« À l’inverse, les semaines comportant davantage d’informations politiques perçues positivement étaient associées à un espoir plus grand, à un engagement plus fort et à une plus grande volonté d’aider ses collègues », remarquent-ils. Pour ces spécialistes, ce deuxième constat est essentiel. « Les discussions sur les médias politiques se concentrent souvent sur le stress, les conflits et la polarisation, rappellent-ils. Les résultats suggèrent que les effets émotionnels de l’information politique sont plus complexes. »
Comment réduire les effets négatifs des informations politiques ?
Ainsi, ils ne recommandent pas aux salariés de se désintéresser de la politique, ni aux employeurs de gérer les informations qu’ils consultent En revanche, ils appellent à créer un équilibre pour que l’information ne devienne pas source d’anxiété. Ces experts citent la nécessité d’avoir accès à des ressources en santé mentale et à un soutien à la gestion du stress au travail, de pratiquer des activités de loisirs notamment sportives, de faire des pauses dans la consommation de médias et d’adopter des routines favorables au bien-être (sommeil, pleine conscience, etc). « Il est important que le public soit informé, et notre étude ne prétend pas le contraire, souligne le Dr. Ian Hughes, directeur de cette recherche. La conclusion est simple : l’information politique a des conséquences émotionnelles. À mesure que les gens consacrent plus de temps à interagir avec ces informations, ces émotions peuvent affecter d’autres aspects de leur vie, y compris le travail. »




