Une affaire impliquant une jeune femme de 20 ans a été examinée par le tribunal après une intervention de son père, qui l’avait conduite au commissariat central de Diourbel, la soupçonnant de fréquenter des milieux liés à la drogue et à des activités illicites. À la barre, Fatou Thiam a livré sa version des faits et reconnu certains éléments qui lui étaient reprochés, tout en contestant en partie les accusations, rapporte pulse.
Une affaire déclenchée par les soupçons du père
L’affaire remonte à juillet 2026, lorsque le père de Fatou Thiam, un Sénégalais établi en Italie, est rentré à Diourbel pour passer ses vacances en famille. Âgé de 55 ans, l’homme aurait commencé à surveiller les déplacements de sa fille de 20 ans, après avoir constaté, selon le récit rapporté, des comportements qu’il jugeait inappropriés. La situation s’est tendue lorsque Fatou Thiam s’est absentée du domicile pendant trois nuits consécutives. À son retour, son père l’a conduite directement au commissariat central de Diourbel, la soupçonnant d’être impliquée dans des activités illicites.
Les investigations des policiers
Les premières investigations menées par les enquêteurs ont permis de découvrir que la jeune femme avait consommé de la MDMA, une drogue également connue sous le nom d’ecstasy. Interrogée sur la provenance de cette substance, Fatou Thiam aurait cité une amie, Nd. Y. Sylla, qui a également été interpellée. Les enquêteurs se sont ensuite intéressés aux communications téléphoniques des deux jeunes femmes. Leurs investigations auraient permis de remonter jusqu’à plusieurs jeunes hommes et de mettre au jour un groupe auquel étaient attribuées des activités liées à la prostitution, au proxénétisme et à la drogue.
« C’est à cause de mon père que je suis ici aujourd’hui »
Devant le juge Saliou Mbengue, Fatou Thiam a reconnu certains faits tout en contestant une partie des accusations portées contre elle. Elle a notamment déclaré « C’est à cause de mon père que je suis ici aujourd’hui. Dans tout ce qui m’est reproché, seule une infime partie est vraie. Je n’ai jamais vendu de drogue. » La jeune femme a ensuite expliqué les raisons qu’elle avance pour justifier son recours à la prostitution , « il est vrai que je me prostitue pour satisfaire certains besoins matériels, parce que mon père m’avait coupé les vivres. Je me suis également droguée avec de la MDMA avec mes amis. Je n’en ai jamais vendu. »
À la barre, Fatou Thiam a également affirmé que ses clients lui versaient entre 10 000 et 15 000 francs CFA par prestation. Elle a par ailleurs déclaré que ces rapports avaient lieu sans obligation de porter des préservatifs. La jeune femme a toutefois assuré avoir depuis cessé de se prostituer.
Son amie conteste les accusations de prostitution
Entendue à son tour, Nd. Y. Sylla a rejeté les accusations de prostitution. Elle a néanmoins reconnu avoir consommé de la MDMA avec ses amis. « Je ne suis pas une pute. Mais je ne vais pas venir mentir devant cette barre pour déclarer que je ne me drogue pas. Avec mes amis ici présents, je prenais de la MDMA », a-t-elle déclaré. Elle a également affirmé vouloir tourner la page « avec tout ce que j’ai vécu, tout cela est fini pour moi. »
Les autres prévenus livrent leur version
Les trois jeunes hommes poursuivis dans le dossier ont également contesté une partie des faits qui leur étaient reprochés. F. Diouf a notamment nié toute implication dans la prostitution et le proxénétisme, tout en reconnaissant avoir ramené de la MDMA depuis Dakar pour la consommation du groupe. A. K. Fall a déclaré n’avoir participé qu’une seule fois à des séances de consommation de drogue. De son côté, M. T. Diop a soutenu qu’il s’était limité à transporter les deux jeunes femmes, sans connaître leurs activités.
À l’issue du procès, le tribunal a déclaré Fatou Thiam coupable de défaut de carnet de santé, détention et usage de drogue. Elle a été condamnée à un mois de prison ferme et à une amende de 25 000 francs CFA. Nd. Y. Sylla, F. Diouf et A. K. Fall ont écopé de la même peine pour détention et usage de drogue. M. T. Diop a, pour sa part, été relaxé purement et simplement.




