Quand la presse patauge volontairement dans la mare immonde des biais

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CONTRIBUTION
Quand la presse patauge volontairement dans la mare immonde des biais

Quand la presse patauge volontairement dans la mare immonde des biais
Lobbying, biais de sélection, publi-rédactionnel, etc.

A écouter ce journaliste d’une télé web baragouiner si laborieusement des absurdités, prétendant faire une analyse politique, on ne peut qu’être inquiet quant à l’avenir des métiers de la presse dans ce pays. Pour lui, Ousmane Sonko est le point focal de l’opposition qu’il qualifie d’opposition non intelligente. Il s’étonne que ladite opposition soit quasiment fixée sur les gestes de Ousmane Sonko au point de contester ses actes et propos. Et c’est un journaliste qui critique l’opposition en égratignant sa tendance à s’opposer non à des idées, mais à des personnes. Voilà un exemple parfait de lobbying ou publi-rédactionnel : certains articles de presse ou chroniques ont l’odeur de l’argent ou de la recherche d’emploi politique. Le lobbying journalistique est parfois très efficace, notamment aux Etats-Unis, mais il requiert beaucoup d’aptitudes et une culture livresque probante. Il s’appuie généralement sur d’autres leviers pour être efficace : les plus sournois sont le biais de sélection (une modalité de l’agenda-setting) et cadrage. Le biais de sélection est relatif à l’angle de traitement d’une information ou d’un évènement, mais également à l’omission volontaire du caractère contradictoire de certains faits ou propos et/ou l’exagération de certains faits pour orienter le jugement de l’opinion.
Dans toutes ces formes de manipulation, il y a mensonge, production de faits alternatifs et baratin (conneries, parfois l’analyste ou le chroniqueur n’a aucune science de ce dont il parle !). Ce journaliste prétend que l’opposition s’attaque à la transhumance illégale de Sonko vers le Parlement au lieu de s’attarder à d’autres problèmes essentiels. Est-ce que ce monsieur est sérieux ? On ne sait pas s’il a tenté ici un biais de sélection, mais c’est tellement raté qu’on a l’impression que lui-même cherchait dans son portable des éléments de langage. Ce qui est intriguant d’ailleurs, c’est que les mêmes éléments de langage circulent dans les publications sur les réseaux sociaux des partisans de l’homme de Sweet Beauté. Le monsieur ignore qu’un acte délictueux reste délictueux, quel que soit celui qui l’a commis et que, pour cette raison, il doit être combattu. L’opposition devrait donc s’empêcher de s’opposer à la présence de Sonko à l’Assemblée même si elle sait que c’est illégal, pour simplement donner un gage d’être une opposition non personnelle. Quelle absurdité ! L’opposition serait aussi fautive que Sonko si elle laissait faire sans rien dire, car celui qui assiste à un crime ou délit de la loi sans le dénoncer est un complice. Etre incapable de comprendre cela, c’est croire que le journalisme se résume à parler dans un micro ou à apparaitre derrière un écran de télévision.
Que dire de ces partisans de Mbaye Rapport qui sont offusqués que des gens comme votre modeste serviteur, écrivent quotidiennement, non en permanence, aux actes et propos du gourou ? Oh quelle gageure ! Si M. Ousmane Sonko est critiqué minute après minute, c’est bien parce qu’il se mêle de la gestion de nos affaires publiques. C’est lui qui prétend apporter des solutions à nos problèmes et qui, au lieu de le faire, nous crée d’innombrables difficultés. Ceux qui critiquent ce monsieur ont existé avant lui, font ce qu’ils font avant lui et le feront après lui : c’est du factuel. On n’a pas besoin de se faire un nom lorsqu’on est en soi un nom, non un label pour être plus précis ! Chaque instant, avant de faire quoi que ce soit, le musulman que je suis dit A Onzubilahi minal chaytàani rajjim. Satan est un danger pour nous, il est capable de corrompre nos plus nobles intentions. Puisqu’il constitue une menace permanente, la protection contre Satan doit être permanente. Critiquer un homme comme Ousmane Sonko est pour moi un patriotisme quasi acétique, car je ne vois pas de danger plus grand que lui.
Prétendre que Ousmane a utilisé le mot levier dans un autre sens, sans préciser lequel, est une fumisterie journalistique malhabile et bancale. Un discours est un texte, or le premier élément d’explication ou de compréhension d’un texte, c’est le texte lui-même. Ce mot «levier» s’enchevêtre avec des expressions comme «je n’étais qu’un simple Pm», «j’ai parlé en tant chef de parti», etc. Vous croyez vraiment nous baratiner avec un raisonnement puéril ?
Un chroniqueur d’une télé réputée proche de Pastef a, dans la même veine, considéré que ceux qui traitent les fanatiques de moutons montrent leur échec à les détourner du gourou. Mais quel prophète a détourné tout son peuple de Satan ? Quelle inculture ! Et toi qui disposes d’une tribune médiatique dont toute l’industrie est de diaboliser les opposants et critiques de Pastef ? Toi qui es dans un média où il y a une division technique du travail pour broyer les opposants et critiques du régime ? As-tu réussi à convaincre un seul opposant à rejoindre cette engeance ?
Alassane K. KITANE