Hausse des cas d’autisme chez les femmes : comment l’expliquer ?

11:20
BIEN ÊTRESANTE
Hausse des cas d’autisme chez les femmes : comment l’expliquer ?

De plus en plus de cas d’autisme sont repérés chez les filles et les femmes, mais ce n’est pas une « épidémie », assure une nouvelle étude.

En reprenant les dossiers médicaux de plus de 170.000 patients suivant entre 2016 et 2024, l’équipe du Pr Erick Messias de l’université de Saint-Louis (USA) a mis en lumière une hausse des diagnostics des troubles du spectre autistique (TSA) depuis la Covid-19, principalement par les filles et les femmes.

Toutefois l’étude, parue dans le JAMA Network le 22 juillet 2026, montre qu’il ne s’agit pas forcément d’une mauvaise nouvelle.

Autisme : les femmes mieux repérées, car leurs spécificités sont mieux connues

Le nombre global de premiers diagnostics de TSA a augmenté après la pandémie de la Covid-19. Mais en observant les chiffres de plus près, les chercheurs ont fait une découverte de taille. Alors que l’incidence du trouble chez les hommes est restée stable ou a diminué entre 2016 et 2024, celle des femmes a fortement augmenté après 2020. L’incidence de TSA au sein de la population féminine affiche une hausse annuelle de 19 % entre 2020 et 2024.

« Ce schéma s’est vérifié dans tous les groupes d’âge étudiés : enfants, adolescents et adultes », précisent les auteurs dans leur communiqué. Pour eux, cette hausse n’est pas liée à une recrudescence de cas parmi les femmes à proprement dit, mais à une meilleure connaissance des spécificités de leur trouble et une amélioration de leur dépistage.

Plusieurs études récentes ont, en effet, montré que les patientes présentaient souvent « des phénotypes comportementaux distincts – y compris une motivation sociale et des stratégies de camouflage plus élevées – qui peuvent échapper à la détection par des outils de dépistage standard de la petite enfance conçus principalement autour des présentations masculines. »

En parallèle, de nombreuses femmes atteintes de TSA ont utilisé les réseaux sociaux, et notamment TikTok dont l’expansion a débuté vers 2017, pour partager leurs expériences et sensibiliser le grand public à leur trouble. Ce qui a pu faciliter la prise de conscience et la recherche d’aides parmi la population féminine, avancent les chercheurs.

Un retard dans le diagnostic de plus de 3 ans chez les femmes

La hausse peut aussi être portée par un effet de rattrapage : les adolescentes et les femmes qui étaient jusque-là passées entre les fils du filet de la médecine, sont désormais repérées lors des consultations. Si des progrès ont été faits dans la détection de l’autisme des patientes, il reste un écart important entre les deux sexes. Elles reçoivent leur diagnostic d’autisme en moyenne 3,4 ans plus tard que les garçons et les hommes (15,7 ans contre 12,3 ans). Ce retard dans le diagnostic a des conséquences concrètes sur leur vie et leur santé, préviennent les auteurs. Elles accèdent plus tardivement au soutien et aux aménagements possibles, et cela alors qu’elles sont dans des périodes de développement essentielles et formatrices.

« Ces résultats mettent en évidence la nécessité de stratégies de dépistage qui prennent en compte les présentations (symptômes, troubles NDLR) spécifiques au sexe. »