Vaccin contre la grippe : la clé d’une meilleure efficacité se cacherait dans nos poumons

11:17
BIEN ÊTRESANTE
Vaccin contre la grippe : la clé d’une meilleure efficacité se cacherait dans nos poumons

Des chercheurs ont découvert que des cellules immunitaires présentent dans les poumons pourraient aider à améliorer l’efficacité du vaccin contre la grippe.

La vaccination est le moyen le plus efficace pour se protéger contre la grippe et ses complications, mais elle n’empêche pas toujours la contamination. Les chercheurs d’University of Rochester Medicine pourraient avoir fait une découverte qui va changer la donne. Ils ont découvert qu’un groupe de cellules immunitaires pulmonaires “jusqu’alors négligé” serait susceptible d’améliorer l’efficacité des vaccins contre la grippe. L’étude a été publiée dans la revue Nature Immunology.

Vaccin anti-grippe : une molécule clé qui renforce la mémoire immunitaire découverte

Les lymphocytes T résidents mémoires (TRM) sont la première ligne de défense de l’organisme, elles apparaissent après une première infection ou une vaccination et ont une longue durée de vie. « Ces cellules sont positionnées précisément là où l’infection débute, ce qui leur permet de réagir immédiatement et de contribuer à limiter la propagation du virus », en cas de réinfection, explique Dr Minsoo Kim, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. « Elles constituent un élément central de la conception des vaccins de nouvelle génération, car elles offrent une protection rapide et localisée des voies respiratoires. » Problème : les vaccins anti-grippaux actuels ne parviennent pas à développer cette mémoire immunitaire durablement dans les voies respiratoires.

En tentant de mieux comprendre la formation de lymphocytes T résidents mémoires, l’équipe américaine a découvert qu’un sous-ensemble de monocytes (un type de cellule immunitaire généralement considéré comme ayant une courte durée de vie), peut en réalité persister pendant des mois dans les poumons après une infection grippale. En plus de ne pas disparaître rapidement, elles semblent favoriser la formation de la mémoire immunitaire en aidant les lymphocytes T mémoire à survivre et à fonctionner dans le poumon.

« Nos travaux ont permis d’identifier une population de monocytes à longue durée de vie dans le poumon, qui joue un rôle essentiel dans le maintien d’une immunité durable à médiation cellulaire T », explique l’expert. « Cela remet en question l’idée reçue selon laquelle la mémoire immunitaire repose uniquement sur les lymphocytes T et B, et démontre que les cellules immunitaires innées y contribuent également de manière durable. »

Les découvertes ne s’arrêtent pas là. Les chercheurs ont également compris comment ces cellules, dérivées des monocytes, communiquent avec les lymphocytes T. Elles produisent une protéine appelée galectine-1. Elle aide à activer et à maintenir les lymphocytes T résidents mémoires en “vie”.

Des premiers tests concluant sur des souris

Après ces découvertes, les chercheurs ont eu l’idée d’ajouter la protéine galectine-1 dans un vaccin nasal anti-grippe administrés à des souris. Le produit a permis de « renforcer significativement la réponse immunitaire dans les poumons », assurent les auteurs. Face à ces résultats, l’équipe avance que l’utilisation de la protéine comme adjuvant pourrait aider à améliorer l’efficacité des vaccins contre la grippe. Elle pourrait notamment éviter le développement de forme grave ou stopper l’infection plus tôt.

De plus, la compréhension des mécanismes entourant les TRM pourrait aussi aider à lutter contre d’autres virus respiratoires, notamment ceux qui provoquent des maladies saisonnières et des pandémies.

L’équipe d’University of Rochester Medicine tente maintenant de mettre au point des formes plus stables de galectine-1 afin qu’elles puissent être utilisées sans danger comme additif vaccinal sur des doses destinées aux humains. « Si ces résultats se confirment chez l’humain, ils pourraient transformer la conception des vaccins respiratoires. Au lieu de se concentrer uniquement sur les réponses anticorps ou les cellules immunitaires circulantes, les futurs vaccins pourraient également cibler le comportement à long terme des cellules immunitaires présentes dans les poumons », assure-t-elle.